Journal

Quelques textes que j’avais publiés sur Facebook.
4 mars:
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5 mars:
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19 mars
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22 mars:
Je suis bien content de ma journée, fier de moi.
Hier j’avais fait un grand ménage alors aujourd’hui j’ai sali partout,mis le désordre dans toutes les pièces.
J’ai mélangé les vêtements dans la penderie,mis le souk dans les tiroirs (j’en ai même renversé un).
Dans la cuisine, j’ai assez bien réussi, je ne sais plus où mettre les pieds.
J’ai fait tomber les épluchures à côté de la poubelle et laissé attacher un peu les oignons dans la cocotte.
J’ai mangé dans 7 assiettes différentes, changeant de fourchette à chaque bouchée et laissant tomber un peu de sauce sur la table, mon pantalon et ma chemise.
J’ai bu dans 6 verres, 3 bols, 5 tasses, 3 mugs, 1 coupe, 5 chopes, 2 flûtes, 3 mazagrans,2 calebasses à maté et même dans le saladier et le plat à gratin.
Puis j’ai pris une longue douche sans tirer le rideau.
Je vais m’endormir serein en pensant au lendemain bien rempli qui m’attend.
A défaut de pouvoir aller à l’atelier assurer une commande de galets de bois: 6 ifs.
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23 mars:
Veuillez m’excuser, mais je ne pourrai pas lire les bêtises que vous allez publier ce soir.
Je vais me coucher très tôt, demain je dois être en forme, j’ai canapé.
Un match le matin, un autre l’après-midi et en cas d’égalité il y aura les prolongations en soirée.
Alors bonne nuit.
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24 mars:
Aujourd’hui je n’ai rien fait.
Hier déjà c’est vrai, mais d’une part je n’avais pas terminé et c’était très mal fait, j’ai dû tout reprendre.
On ne s’improvise pas en quelques jours spécialiste dans un nouveau secteur d’activité.
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25 mars:
Aujourd’hui, pour profiter du magnifique soleil printanier, je me suis invité à une grande randonnée en groupe.
Tout le monde était partant avec enthousiasme, ravi de la proposition de rompre un peu cet isolement forcé.
La discussion pour le choix de l’itinéraire fut assez vive bien que cordiale mais finalement nous sommes tous tombés d’accord sur la proposition de Marc d’aller à pied jusqu’au bout du couloir.
Nous avons donc chaussé les pantoufles et pris chacun un paquet de pâtes pour le piquenique.
Et nous sommes partis en chantonnant quelques refrains de scout.
Le parcours s’est avéré assez facile, sans difficultés majeures et heureusement bien balisé car nous n’avions pas de carte à cause des ruptures de stock.
Tout au long de la marche, nous avons pu admirer les magnifiques peintures pariétales qui ornent le couloir, datant d’une autre époque déjà lointaine.
Au retour nous nous sommes arrêtés longuement pour admirer, depuis la fenêtre de la chambre, la superbe vue plongeante sur le canyon de la rue déserte.
Le soir tombait quand nous sommes revenus à la cuisine, légèrement fourbus mais contents et un peu fier de nous.
Nous avons bu le thé en nous remémorant tous les bons moments de la journée, heureux d’avoir choisi cet itinéraire où nous n’avons croisé aucun de ces groupes de randonneurs qui sont souvent bien bruyants et qui vous gâchent un peu le plaisir de la découverte.
Plusieurs d’entre nous sont déjà partants pour refaire la balade dans les jours qui viennent, conscients d’être peut-être passé à côté de quelque découverte intéressante et d’avoir manqué de temps pour s’arrêter assez longtemps profiter pleinement de chaque point de vue.
Peut-être nous la prévoiront sur 2 jours si chacun peut se libérer assez de temps, quitte à remettre quelques inactivités à plus tard.
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27 mars:
Aujourd’hui j’avais rien à faire.
Mais pas très en forme, alors je me suis dit laisse, tu le feras demain, en plus c’est pas très urgent.
Et je me suis reposé.
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28 mars:
Hier, à la tombée du jour, je suis allé marcher un peu. Oh pas loin, à 200 mètres.
Je m’étais presque habitué à voir sous mes fenêtres la rue plus déserte et silencieuse en pleine journée qu’en temps normal à 3H du matin. Mais là j’ai vraiment été très impressionné, une claque. Je suis resté un moment au carrefour du quai et du pont de la Guillotière. Désert. Au bout d’un moment, à l’autre bout du pont, arrivant de Bellecour, un piéton sur le trottoir de gauche,,………….puis 2 autres à droite. Ensuite un vélo dans l’autre sens,………..puis une voiture. Et le calme est revenu.
Et le silence comme je ne l’avais jamais entendu.
Peut-être cet endroit n’a jamais été aussi silencieux depuis 2000 ans.
En 1180 déjà, il y avait un pont à cet endroit.
Le seul pendant des siècles à relier Lyon à cette berge du fleuve. Au-delà, d’un côté le chemin de Vienne et la Provence, de l’autre le Dauphiné, les Alpes, le Piémont, Venise, Byzance et la Chine.
Un carrefour important, l’arrivée des marchandises et des vagues de migrants, l’octroi, les trafics, les tavernes, les bordels.
Un tel silence a-t-il eu lieu pendant cette période ? Pas sûr. Et même avant ?
En rentrant, j’ai croisé 2 rats. Coïncidence? où alors malins comme ils sont, le bruit a déjà couru: “en haut, il n’y a plus personne, la ville est à nous”
Et dans la nuit, j’ai reçu le lien de cette vidéo qui confirme en images, c’est dronement impressionnant.
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29 mars:
Une idée pour vous occuper: le clavier AVERLY.
Pour bien nettoyer le clavier de l’ordinateur, j’ai enlevé les touches et les ai remises dans le plus grand désordre.
Essayer vous verrez, c’est très efficace, j’ai mis 2H53 pour vous écrire ce petit mot.
On peut aussi bien sûr utiliser un clavier QWERTY mais c’est un gain de temps inutile.
Et n’oubliez pas de renouveler l’opération tous les matins.
Et gros avantage du procédé, la cadence de publication de toutes vos bêtises sera grandement ralentie.
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8 avril:
Je n’ai jamais été aussi en avance dans les tâches domestiques. Demain, je mets la dinde au four.
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10 avril:
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11 avril:
Quelqu’un peut m’aider ?
Je dois sortir acheter du papier pour remplir mon autorisation de déplacement.
J’ai l’impression que ça coince quelque part.
Je suis allé sur internet, j’ai trouvé la photo d’une page blanche, j’ai téléchargé le fichier.
Jusque-là pas de problème, mais après comment faire ?
Alors j’ai téléphoné à la préfecture pour expliquer mon problème.
Heureusement, ce cas étant prévu, je peux bénéficier d’une dérogation spéciale.
Je dois simplement faire une demande écrite avec enveloppe pour la réponse.
Je dois donc sortir acheter du papier !
Si quelqu’un a déjà eu ce problème et l’a résolu, merci de m’aider.
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13 avril
Quand cette dure période sera terminée, je me suis promis une semaine tranquille chez moi.

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29 avril:
Déconfiné !
Grand moment, étrange sensation, je suis déconfiné. Et un peu déconfit.
En partie du moins, je sors seul avec le masque, je vais travailler seul, je rentre seul, mais c’est quand même la fête quoi.
Je suis sorti !
Bien sûr, j’aurais pu le faire avant. Je travaille seul, dans des endroits isolés mais vu mon boulot et les outils que j’utilise, j’avais décidé de ne pas risquer d’encombrer les urgences déjà bien trop occupées. Et comme beaucoup sans doute, au début j’étais un peu tétanisé.
Maintenant les hôpitaux ne sont plus saturés, mais ma tête elle commençait à l’être, et le Conseil général pour qui je réalise des installations en forêt organise la reprise des activités.
Alors je suis sorti, après une réaction étrange.
J’étais prêt, mes p’tites affaires, mon autorisation de sortie, tout bien, mais j’ai passé encore une heure à l’ordinateur en pensant « allez je reste encore un moment ». Puis je me suis dit là mon garçon ça va plus.
Et je suis sorti, hier je suis SORTI.
(le soir en rentrant, la réaction inverse, une hésitation avant d’entrer, les portes du pénitencier bientôt etc.)
Dans la voiture, il y avait une toile d’araignée tissée entre le volant et le tableau de bord.
Conduire ça va c’est comme le vélo mais quand même pas anodin, sortir facilement de la ville par des rues fréquentées un midi de printemps comme à deux heures du matin en décembre, c’est bizarre.
Arrivé à l’atelier j’aurais pu me sentir comme avant, ben non.
Tous les ans je fais des photos, la naissance des bourgeons de fleurs et de feuilles, la formation des fruits etc., parfois au jour le jour. La dernière fois que je les ai vus, les arbres n’avaient pas de feuilles, maintenant les cerises sont déjà bien grosses.
Dans le champ, il y avait alors 2 petits agneaux encore tout efflanqués, ils ont maintenant une allure de méchoui.

J’ai regardé partout, j’ai tourné en rond, marché dans le champ, puis dans la friche jusqu’à l’orée du bois.
J’ai retrouvé tous les travaux en chantier, surpris parfois de ce que j’avais oublié.
Puis la pluie est arrivée, ce jour-là bien sûr, après tout ce temps passé à regarder le beau temps par la fenêtre.
Mais pas grave, j’ai couru tout nu sous l’averse, enfin couru, à petits pas et pas longtemps, manque d’entraînement, et après avoir réfléchi un moment pour me souvenir comment on fait exactement.
J’ai fait un peu de rangement, repris le fil de l’histoire, faits quelques collages, des actions tranquilles puis un peu de ponçage, ce qui m’a donné le plaisir de porter un masque.
Puis j’ai pris la tronçonneuse. Oh non rassurez-vous, je ne l’ai pas démarrée, demain peut-être, juste tenue en faisant des mouvements, lever, baisser, lever, incliner, en imitant le bruit (tellement fort que j’ai mis le casque) un peu de musculation quoi.
En repartant le soir, l’impression que c’était fini, comme un mauvais rêve trop long, tout est à nouveau comme avant.
Mais non ce n’est pas fini, pas encore, même si pour moi le changement est énorme et bien venu.
Mais j’espère que bientôt ce sera le cas, vous pourrez alors tous venir en forêt de la Cantinière et traverser la pile de bois pour aller voir au long du sentier de découverte les autres installations en cours de réalisation.

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Après les jeux de confinement reviendra le temps des saines activités extérieures